dimanche , 15 septembre 2019
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La théorie du panda

Auteur: Pascal Garnier

Editeur: Points – 2012 (182 pages)

Lu en 2014

la théorie du pandaMon avis: En provenance d’on ne sait où, Gabriel arrive dans une petite ville de Bretagne. On ne sait pas pourquoi il est descendu du train précisément dans cette gare, il l’ignore probablement lui-même. Par pour faire du tourisme, en tout cas.
Il s’installe à l’hôtel, et ne tarde pas à faire connaissance avec quelques habitants. Gabriel n’est pas particulièrement chaleureux, mais quelque chose en lui pousse les gens à lui confier leurs états d’âme. Sans jamais parler de lui-même, il écoute les autres, réchauffe les coeurs, réconforte les estomacs grâce à ses talents culinaires, et renfloue même quelques portefeuilles troués. Il a un don pour réunir des gens aussi différents que malmenés par la vie : Madeleine, la réceptionniste, qui rêve de quitter sa morne grisaille pour le bleu turquoise des lagons, José le patron du bar, déboussolé depuis que sa femme est à l’hôpital, et le couple Rita-Marco, toxicos inséparables catégorie « je t’aime moi non plus ».
Une histoire banale, voire une absence d’histoire. Mais ce serait oublier une autre phrase de Gainsbourg, « Fuir le bonheur avant qu’il se sauve », mise en exergue du livre, lui-même classé « roman noir » dans l’édition de poche. Car on sent, on sait qu’il va se passer quelque chose, on ne peut s’empêcher de se méfier de cet « ange » Gabriel dont on découvre peu à peu les fantômes.
Dans cette histoire faussement simple mais vraiment noire dans son final inattendu, avec un style faussement facile mais un réel sens de la formule, Pascal Garnier campe en peu de mots personnages cabossés et ambiance inquiétante, sans nous priver pour autant d’un peu d’humour et de tendresse. Beaucoup d’humanité, donc, qui rappelle malheureusement à ses lecteurs que Garnier aussi était un homme, donc mortel. Paix à son âme…

Présentation par l’éditeur:

Une petite ville bretonne, grisée par la pluie, voit débarquer Gabriel. Discret sur ses origines et les raisons de son passage, ce charmeur devient le confident de quelques habitants délaissés. Comme le panda en peluche échoué sur le comptoir du bar local, Gabriel écoute, réconforte et plaît. Mais les échos sont inévitables : une simple discussion et les sinistres souvenirs remontent à la surface…

Quelques citations:

– “Il enleva ses baskets trouées et se massa les pieds. Il ne les sentait presque plus tant il avait marché et marché… On marche beaucoup quand on ne va nulle part”.

“- Tu penses encore à lui, après ce qu’il t’a fait?
– Evidemment! Quand tu dors avec un homme pendant des années, même si c’est le pire des enfoirés, tu l’as quand même vu au moins une fois, accroché à ton sein comme à une bouée, si petit, si fragile, si vulnérable… Je sais que c’est bête, mais dans ces cas-là, on pardonne tout, on oublie tout”.

“- (…) Je leur ai dit que tout allait bien, qu’on allait bientôt se retrouver tous les quatre…
– Vous avez eu raison.
– Ils ne m’ont pas cru. “Papa, t’as une drôle de voix…” On peut rien leur cacher aux mômes. Ils savent tout mieux que nous. Moi, quand j’étais gosse, je savais tout, le principal, quoi. Maintenant j’y comprends plus rien. Ca sert à quoi de grandir? C’est con”.

– “Rita fonctionne comme un char russe, à la vodka et à l’irrépressible besoin de conquérir le néant”.

Evaluation :

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