Auteure: Laure Federiconi
Editeur: Editions La Veilleuse – 2025 (112 pages)
Lu en juillet 2026
Mon avis: La narratrice, libraire trentenaire, a perdu le sens de sa vie, et depuis lors elle tourne en rond dans son cerveau, espérant l’y retrouver dans un repli de sa mémoire ou dans le jaillissement d’une idée lumineuse. Question souvenirs, elle se rappelle son enfance et son adolescence, pétries d’une foi catholique censée avoir réponse à tout. Mais aujourd’hui, elle n’y trouve aucun salut. Question idées, comme elle est en charge du rayon développement personnel, peut-être y croisera-t-elle l’inspiration. Quoi qu’il en soit, histoire de ne pas mettre tous ses œufs dans le même panier, elle s’inscrit aussi à un cours de yoga, se livre à diverses expériences ésotériques tendance new age, et, pour garder un ancrage dans la réalité, continue à consulter un psychiatre. Mais tout cela n’a cependant pas l’air de la convaincre et, alanguie et déçue de ne pas trouver de réponses à son questionnement existentiel, elle végète dans son mal-être.
Traverser ce genre de passage à vide n’est certes pas facile, et loin de moi l’idée de juger les personnes qui en seraient victimes, elles ont au contraire toute ma compassion. Le problème ici, c’est que la narratrice ne suscite chez moi aucune empathie, à peine de l’intérêt. Son monologue et son comportement sont décousus, partent dans tous les sens quand ils ne sont pas carrément foutraques, et sa condescendance à l’égard, par exemple, des participants au cours de yoga est horripilante. Si encore elle y mettait une autodérision convaincante, mais non, son humour ne m’a pas fait rire. En tous les cas, je n’ai pas cru à sa souffrance, qui passe plus pour une posture (ou une imposture) de trentenaire désœuvrée.
Présentation par l’éditeur:
Une jeune libraire en proie à un alanguissement existentiel observe la vie autour d’elle avec nostalgie. Elle multiplie les activités pour aller mieux : les séances psy, l’achat compulsif de pommes de terre et la méditation. À travers ces tribulations, elle se remémore par fragments son enfance en Italie, son rapport à l’autre et à la foi. Convaincue qu’elle allait mieux il y a six ans en arrière, elle décide de trouver la faille, le moment où tout a basculé. Le flux de ses pensées se déroule alors comme une bobine de film marquée d’un état et d’une tendance : celle du bonheur à tout prix.