dimanche , 2 août 2026

Le Llano en flammes

Auteur: Juan Rulfo

Editeur: Gallimard – 2001 (180 pages)/Folio – 2003 (240 pages)

Lu en juin 2026

Mon avis: Dans ce recueil de 17 nouvelles, Juan Rulfo (1918-1986) dépeint toute l’aridité du Llano mexicain, une plaine désertique où il ne fait pas bon vivre. Surtout dans cette première moitié du 20ème siècle encore ensanglantée par la guerre des Cristeros*, surtout quand on vit dans la plus noire des misères.

17 nouvelles comme autant de tranches de vie saisies sur le vif d’une terre brûlée, stérile. De l’une à l’autre, les personnages se ressemblent, histoire de nous faire comprendre qu’ils ont en commun le même destin, celui justement de ne pouvoir échapper à leur sort de loqueteux. Des paysans misérables, exploités par les grands propriétaires terriens, accablés par la chaleur, l’injustice, la fatalité. Malgré quelques velléités de révolte, de soif de vengeance ou d’espoir, c’est toujours la même histoire qui repasse, celle du pot de terre contre le pot de fer, qui plus est dans un environnement naturel impitoyable.

Mordant littéralement la poussière cramée du désert, ces êtres humains vivotent au bord de l’humanité.

On ne peut que s’incliner devant le talent de Rulfo pour planter un décor âpre, suffoquant, noir, pour écrire dans un style puissant et proche de l’oralité, et pour rendre hommage à ses « paisanos », brutalisés par la violence des hommes et de la nature. A ne pas lire par temps de canicule ou de désespoir.

*1926-1929, rébellion religieuse contre la volonté de l’Etat de réduire l’influence de l’Eglise.

Présentation par l’éditeur:

« En écrivant « On nous a donné la terre », « Macario » ou « La nuit où on l’a laissé seul », Rulfo invente un langage qui n’appartient qu’à lui seul, comme l’ont fait Giono, Céline ou Faulkner à partir de leur connaissance de la guerre ou du racisme. La langue de Rulfo porte en elle tout son passé, l’histoire de son enfance. Comme l’a dit son ami des débuts, Efrén Hernandez, Juan Rulfo est un « escritor nato », un écrivain-né. Son oralité n’est pas une transcription, elle est un art, qui incube le réel et le réinvente. C’est cette appropriation qui donne à son écriture la force de la vérité. Le Llano en flammes brûle dans la mémoire universelle, chacun de ses récits laisse en nous une marque indélébile, qui dit mieux que tout l’absurdité irréductible de l’histoire humaine, et fait naître la ferveur de l’émotion, notre seul espoir de rédemption. » J.M.G. Le Clézio

Evaluation :

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