Auteure: Claudie O. Wetterwald

Editeur: Les Editions du Gros Caillou – 27 août 2026 (455 pages)
Lu en juin 2026
Mon avis: Et puis soudain, il y a eu le Désastre.
Au début, les gens ont pensé que les choses rentreraient rapidement dans l’ordre, que tout repartirait comme avant, et que ce ne serait qu’un incident certes hors normes mais dont on reparlerait plus tard avec un amusement teinté d’anxiété rétrospective, et dont on ne s’inquiéterait plus puisque les autorités auraient pris les mesures adéquates pour que cela ne se reproduise plus.
Mais les choses ne sont pas rentrées dans l’ordre rapidement. Le Désastre s’est prolongé des heures, des jours, des mois.
Pendant ce temps-là, il a fallu s’adapter, trouver comment se nourrir, se soigner, s’habiller, survivre. Quitte, parfois, à commettre l’irréparable.
Puis le Désastre a pris fin, peu à peu on a relancé le monde, un monde d’après qui, idéalement aurait dû être meilleur que le précédent.
Mais ce monde nouveau qui éclot ne donne, d’emblée, aucune envie d’y vivre.
Un méga-procès est sur le point de s’ouvrir. 254 femmes sont sur le banc des accusées et doivent répondre, sur la base aberrante de lois nouvelles et rétroactives, de divers crimes commis durant le Désastre.
Lisenn Delors est l’une d’elles. Défendue par son avocate Rym Kettani, la jeune femme semble vouloir rester cloîtrée dans le silence.
Alternant trois temporalités (le monde d’avant, celui d’après et le Désastre), le roman restitue tour à tour les points de vue de Lisenn et de Rym. Il y est question de résilience, de force et de sororité, de fragilité, de violence et d’individualisme, de retour à la nature et de techno-dépendance, d’ordre et de chaos, de patriarcat, de totalitarisme et de droits des femmes, de politique et de pouvoir.
Une construction maîtrisée, de beaux portraits de femmes (et de quelques hommes aussi, malgré tout), de multiples questionnements, beaucoup d’humanité, une plume captivante : « Ce qui dort sous le camélia » est un roman dystopique très réussi.
En partenariat avec les Editions du Gros Caillou via Netgalley.
#Cequidortsouslecamélia #NetGalleyFrance
Présentation par l’éditeur:
« Si ceux qui veulent nous intimer le silence sont furieux contre nous, ce n’est pas pour nos crimes, mais parce que nous leur avons fait le plus terrible des affronts. Nous avons survécu. »
Elles sont 254, alignées sur les bancs des prévenues d’un procès extraordinaire.
Des femmes de tous âges, de tous milieux, accusées d’avoir commis le pire au cours du Désastre.
Parmi elles, il y a Lisenn Delors. Jamais on ne la soupçonnerait du moindre crime. Et c’est peut-être cela qu’on lui reproche le plus.
Pour la défendre, Rym Kettani, son avocate, replonge dans ses souvenirs de cette période sombre.
Elle aussi y a survécu, mais le monde d’après semble encore pire.
Dans ce roman aux personnages profondément humains, Claudie O. Wetterwald nous confronte à nos propres dilemmes. Elle décrit avec finesse la fragilité d’une société quand survient le chaos et envoûte son lecteur jusqu’au mot fin.