dimanche , 2 août 2026

Les grands bruits

Auteure: Marente de Moor

Editeur: Les Argonautes – 2025 (352 pages)

Lu en juin 2026

Mon avis: Quelque part au milieu des années 2010, Nadia et Lev s’efforcent de vivre tant bien que mal dans un village déserté perdu dans les forêts de l’ouest de la Russie. Ce couple de biologistes s’est installé là une trentaine d’années auparavant. Alors idéaliste, Nadia, étudiante, tombait amoureuse de Lev, son professeur de 20 ans son aîné et, enceinte, acceptait de le suivre dans cette cabane en pleine nature, pour y installer un laboratoire et un refuge pour oursons abandonnés.

Les premières années sont relativement fastes : ils parviennent à attirer dans leur station des étudiants, des bénévoles, des touristes étrangers et même quelques journalistes.

Mais au fil du temps, les visiteurs n’arrivent plus, le laboratoire est laissé à l’abandon. Lev et Nadia sont de plus en plus isolés, d’autant que les relations avec leurs enfants sont compliquées.

Et puis surtout, ils sont inquiets. Il y a ces « grands bruits », « comme si Dieu poussait des meubles », causés par on-ne-sait-quoi, un vacarme intermittent annonciateur d’apocalypse.

Alors que Lev s’enfonce dans la démence, Nadia – la narratrice – tente de maintenir le ménage à flot. Mais peut-on se fier à son récit ? Que s’est-il passé dix ans plus tôt, la « pire année de sa vie » ? Pourquoi ces tours et détours autour du pot, ces blancs, ces non-dits ?

Avec pour toile de fond l’implosion de l’URSS, on assiste en parallèle à l’érosion d’une petite communauté dont chaque membre finit par s’enfermer dans une forme de solitude, au délitement d’un couple et de son idéal de vie, à l’effondrement des individus et de la mémoire.

Dans une ambiance étrange, entre présent et passé, réalité et onirisme, vérité et imaginaire, le récit de Nadia est nébuleux, dispersé, un écho peut-être à la confusion ex-soviétique post-1991.

Une histoire trop confuse pour moi, qui ne s’éclaire que peu avant la fin, et encore, d’un éclat de néon blafard.

Présentation par l’éditeur:

Dans un village abandonné de l’ouest de la Russie, au milieu d’une nature sauvage de plus en plus envahissante, Nadia et Lev se déchirent autour de leurs non-dits. C’est ici, parmi leurs animaux, que ce couple de biologistes dirigeait autrefois un laboratoire et un refuge pour oursons orphelins. Mais les bénévoles ne viennent plus.

Depuis un certain temps, des bruits étranges se font entendre dans le ciel et la forêt « comme si Dieu poussait des meubles ». Ces bruits n’augurent rien de bon, et déjà les souvenirs les plus sombres remontent à la surface. Que reste-t-il de la vie qu’ils voulaient se construire ? Sans fard, Nadia raconte son histoire. Mais peut-on lui faire confiance ? Et qui est Esther, cette femme venue de l’Ouest qu’elle aimerait tant oublier ?

Marente de Moor nous offre le portrait ardent d’une femme aux prises avec ses choix. Les Grands Bruits est un jeu psychologique saisissant et un hommage sublime à la puissance de l’imaginaire.

Une citation:

Plus que quiconque, les émigrés sont rongés par la crainte d’avoir fait le mauvais choix. Certains continuent de douter toute leur vie, jusqu’à étouffer dans leur amertume.

Evaluation :

Voir aussi

Fils d’homme

Auteur: Augusto Roa Bastos Editeur: Seuil – 1998 (370 pages)/Points – 2018 (416 pages) Lu …

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.