lundi , 16 septembre 2019

Sorry

Auteur: Zoran Drvenkar

Editeur: Le Livre de Poche – 2012 (504 pages)

Lu en 2012

sorryMon avis: Sorry, c’est le nom de l’agence que quatre amis de jeunesse viennent de mettre sur pied à Berlin. La fonction de l’agence est de s’excuser à la place des autres, en se limitant toutefois à la sphère professionnelle. L’affaire démarre sur les chapeaux de roue.
Mais à prétendre soulager les consciences et accorder l’absolution à peu de frais, à jouer à Dieu en quelque sorte, on risque de s’attirer les foudres de l’enfer. Celui-ci ne tarde d’ailleurs pas à se matérialiser, sous la forme d’un mystérieux client qui souhaite s’excuser des meurtres qu’il a commis. Et voilà nos quatre amis entraînés dans un jeu de massacre impitoyable…
Je ne suis pas spécialiste du thriller, mais je pense que celui-ci se démarque par son originalité dans la construction du récit, parfaitement maîtrisée par l’auteur. Les courts chapitres se succèdent en alternant différents points de vue (narration en « je », « tu », « il/elle ») et différentes époques (passé lointain, passé récent, présent), décrivant tantôt des personnages dont l’identité est connue, tantôt des anonymes. Il faut un temps d’adaptation pour comprendre où on va, mais on s’aperçoit vite que les pièces du puzzle finiront par s’assembler. C’est assez efficace à condition d’admettre comme vraisemblables le concept de l’agence d’excuses et les crimes pédophiles qui fondent toute l’histoire (pas très réalistes à mes yeux, mais bon…).
Après une mise en place un peu lente, le rythme des événements augmente et la tension monte au même tempo, l’auteur n’étant pas avare en rebondissements. Le récit est écrit au présent, ce qui accentue encore l’impression d’urgence, et la froideur et la précision dans la description de scènes violentes et/ou sordides contribuent au malaise. Le style et le vocabulaire sont simples, pas la peine de rajouter la complexité de la forme à celle du fond. Complexité des personnages également, puisque, mis à part le coupable « originel », aucun des acteurs du récit n’est simplement bon ou méchant. Manipulation, amitié qui part en vrille quand arrive le danger, l’analyse psychologique est assez fine et intelligente.
Sur fond de pédophilie, Sorry brasse les thèmes du pardon, de la culpabilité, du châtiment et de la vengeance, malheureusement sans les approfondir. Un reproche: les descriptions (trop) explicites de certaines scènes violentes. Avis aux amateurs, mieux vaut avoir le coeur bien accroché…

Présentation par l’éditeur:

Berlin. Tamara, Frauke, Kris et Wolf se sont connus au lycée. Dix ans plus tard, ils ont l’idée de monter une agence, nommée Sorry, chargée de s’excuser à la place des autres. Le succès est immédiat, ils aident des hommes d’affaires qui estiment s’être mal comportés, un associé ou une entreprise à alléger leurs remords à l’égard de leurs victimes… Jusqu’au jour où un mystérieux assassin désireux de soulager sa conscience recourt aux services du quatuor. Ce sera le début d’une longue descente aux enfers. Pris au piège, les quatre amis n’auront d’autre solution que de découvrir au plus vite l’identité et les mobiles de ce tueur qui les manipule et semble parfaitement les connaître.

Evaluation :

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