mardi , 23 juillet 2019
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Le jour où Otacilio Mendes vit le soleil

Auteur: Ronaldo Correia de Brito

Editeur: Chandeigne – 2013 (176 pages)

Lu en 2013

le jour où otacilio mendesMon avis: Voici un recueil de 11 nouvelles, qui nous vient du Nordeste brésilien, région au climat hostile, fait de chaleur, de poussière et de sécheresse. Région caractérisée aussi par des traditions archaïques, où les femmes sont soumises aux hommes, père, mari ou frères.
Les points communs entre ces courtes histoires ? l’honneur, les trahisons, la vengeance, les amours contrariées, la passion, la violence des sentiments. Ce qui saute aux yeux, ensuite, c’est l’enfermement des personnages, pris au piège d’une fatalité inexorable, qui savent que tout est écrit depuis les siècles des siècles, et que, amen, ils ne pourront rien y changer. Certains tentent de résister, mais au final, tous attendent une disparition, une mort. La leur, ou celle de celui qui les enferme, pour être enfin libérés. Ce qui frappe, enfin, c’est que toute cette fureur surgit de l’intérieur de la famille, entre parents et enfants, mari et femme, frères et soeurs.
Le style est sobre et fluide, mais pas toujours aisé, parce qu’allusif, elliptique. Je me suis parfois égarée à comprendre « qui dit quoi à qui et quand », au point de devoir revenir quelques pages en arrière. Selon moi, trois nouvelles sortent du lot : Tourbillon, Dieu spécule, et Mensonge d’amour.
J’ai pensé à Garcia Marquez pour le réalisme magique, à Caïn et Abel, à Garcia Lorca pour le sang et la violence. Il y a aussi cette impression d’avoir déjà entendu quelque part des histoires semblables. Sans doute parce que l’auteur, en partant à la recherche des secrets et des peurs les plus intimes et les plus anciens des hommes dans cet univers si particulier du sertao, nous raconte en fait des histoires universelles.
Merci aux Editions Chandeigne pour cette belle découverte (en particulier à Mme A. T. pour le petit mot et le catalogue).

Présentation par l’éditeur:

Qu’il s’agisse d’une femme qui ment à son fils pour dissimuler l’inénarrable, d’un vieillard martyr attendant l’escadron qui le punira de sa générosité ou le souvenir d’un amant assassiné qui revient hanter ceux qui sont encore en vie, Correia de Brito renvoie à une culture du “sertao” brésilien, à un monde archaïque en ruine où des êtres s’aiment, se déchirent et libèrent des puissances occultes aussi irrésistibles que destructrices. Des nouvelles tranchantes, comme la lame qui apparaît sans cesse, fil conducteur du recueil, “métonymie d’un crime qui traverse le temps avec la mémoire vive du sang versé mais également du pouvoir de la malédiction sur les yeux envieux et effrayés des gitans qui retrouvent la mémoire après de nombreuses années” (Davi Arrigucci Jr). Par son mélange subtil de tradition régionaliste, de fantaisie allégorique et de récit tragique, Correia de Brito réveille la puissance d’un ordre ancestral au sein même d’un Brésil contemporain.

Evaluation :

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