jeudi , 3 décembre 2020

Varamo

Auteur: César Aira

Éditeur: Christian Bourgois – 2005 (132 pages)

Lu en septembre 2020

Mon avis: Colón, Panamá, 1923.
Au début, nous avons Varamo, 50 ans, vieux garçon, obscur petit fonctionnaire dans un ministère quelconque. C’est jour de paie, mais à la banque on lui verse son salaire en faux billets. Il n’ose rien dire, persuadé de s’attirer des ennuis inextricables s’il faisait mine de se plaindre.
A la fin, douze heures plus tard, Varamo, qui n’avait jamais songé à la littérature et encore moins à l’écriture, a écrit un texte, d’une seule traite, qui sera bientôt, et pour les siècles des siècles, considéré comme un chef-d’œuvre de la poésie d’Amérique centrale.
Entre ces deux événements, un enchaînement de causes et d’effets absurde et délirant, où l’on observe Varamo se tracasser à cause de sa fausse monnaie, acheter un bonbon au marché, rentrer chez lui et s’occuper de sa mère et de taxidermie (sans qu’il soit pour autant question d’empailler celle-ci, hein), jouer aux dominos tout seul, aller au café comme tous les soirs et en route entendre des voix, assister à une course de voitures improvisée puis à un accident peut-être pas si accidentel, faire la connaissance de vieilles dames malicieuses puis de trois messieurs commerçant dans l’édition.
Soit 130 pages où les péripéties d’une journée expliquent la création d’un chef-d’œuvre. A moins que ce ne soit ledit chef-d’œuvre qui reconstruise rétrospectivement ces petits événements, anodins et isolés, en une chaîne extravagante de coïncidences ? Quoi qu’il en soit, l’œuf ou la poule, le serpent qui se mord la queue, causes et conséquences n’existeraient pas les unes sans les autres.
Je ne suis pas certaine d’avoir tout bien compris, mais Varamo, à travers la trajectoire d’un illustre inconnu devenant du jour au lendemain un auteur culte, propose une réflexion ironique et décalée sur la création littéraire, émaillée de réalisme magique, d’humour et d’originalité.

Présentation par l’éditeur:

César Aira, l’un des écrivains argentins les plus importants et les plus novateurs de ces quinze dernières années, est l’auteur de plus de soixante ouvrages : romans, mais aussi essais, nouvelles et œuvres théâtrales.

Il nous livre ici l’histoire inouïe et hilarante de l’implacable enchaînement de causes et d’effets qui conduit un homme ordinaire – vieux garçon, taxidermiste amateur, visité à heures fixes par de mystérieuses voix nocturnes – à créer à son insu, dans les douze heures qui suivent un incident plutôt embarrassant (le règlement de son salaire en fausse monnaie), le chef-d’œuvre de la poésie d’Amérique centrale.

Étonnante et irrésistible mise en scène du ” génie littéraire ” par un grand écrivain, dont chaque nouveau roman surprend délicieusement ses lecteurs de plus en plus nombreux et fidèles, et redessine à sa manière, radicalement nouvelle, les contours de la littérature latino-américaine d’aujourd’hui.

Evaluation :

Voir aussi

Imaqa

Auteur: Flemming Jensen Éditeur: Actes Sud Babel – 2012 (442 pages) Lu en novembre 2020 …

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

%d blogueurs aiment cette page :