samedi , 21 septembre 2019
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Loin d’elle

Auteur: Alice Munro (prix Nobel de littérature 2013)

Editeur: Rivages – 2007 (84 pages)

Lu en 2014

loin d'elleMon avis: Fiona et Grant sont mariés depuis un demi-siècle. Malgré les infidélités de Grant, ils sont restés amoureux. Mais Alzheimer frappe à la porte, et la mémoire de Fiona part à la dérive. Son mari se résigne à la placer dans une maison de retraite, le Pré du Lac. Les médecins conseillent à Grant de ne pas rendre visite à Fiona pendant le premier mois de son séjour, le temps qu’elle prenne ses marques. Mais quand Grant vient enfin la voir, la maladie a progressé, Fiona ne se souvient pas qu’il est son mari, et semble même avoir le béguin pour Aubrey, un autre pensionnaire. Et quand ce dernier quitte le Pré du Lac, Fiona déprime et s’étiole. Pour retarder au maximum la déchéance mentale de l’amour de sa vie, Grant fera preuve d’un altruisme et d’une abnégation qu’on n’imagine pas lorsqu’on prononce les mots « pour le meilleur et pour le pire ».
Etrange comme cette histoire douloureuse m’a peu touchée. Elle est pourtant triste, parfois cocasse, terrible et terrifiante comme l’est la maladie d’Alzheimer.
Je vous entends déjà me dire que pour ressentir vraiment ce qu’Alice Munro dit dans cette nouvelle, il faut sans doute que cette maladie nous concerne de près.
Or justement, c’est mon cas, puisqu’un de mes parents en est atteint. Pas (encore) au point d’être placé dans un quelconque Pré du Lac, mais quand même. C’est d’ailleurs affolant d’assister au fil des semaines au détraquement du cerveau, en particulier celui de quelqu’un qui a été votre point de repère, votre référence pendant toute votre enfance. Inouï comme cette machine se court-circuite pour produire souvenirs, phrases et comportements aberrants.
Je ne peux pas dire que ce texte soit mal écrit, au contraire, c’est tout en douceur, tendresse, sensibilité et pudeur. Alors je ne vois que deux explications (complémentaires ?) à ma relative indifférence à « Loin d’elle ». La première, c’est que je n’accroche guère à ce genre littéraire qu’est la nouvelle. J’en lis peu, et je suis rarement emballée : à peine le temps de s’installer dans l’histoire qu’elle est déjà terminée, avant de passer à la suivante qui, la plupart du temps, n’a rien à voir. Ou alors, au contraire, le texte s’arrête alors qu’on semble au beau milieu de l’histoire. Dans les deux cas, c’est souvent déconcertant, frustrant.
L’autre explication, propre au thème cette fois, est que, sachant ce que je m’apprêtais à lire, j’ai d’abord revêtu ma cuirasse imperméable de « grande petite fille courageuse ». Ainsi blindée, je n’allais pas souffrir pendant cette lecture qui me ferait inévitablement penser à ma maman.
Bref, je suis passée à côté (et c’est peut-être mieux), et j’espère que vous excuserez ma psychologie de cafétéria…

Présentation par l’éditeur:

Fiona perd pied, des trous noirs semblent embuer sa mémoire, son monde n’a plus de sens. Après s’être résolu à la placer dans une institution, Grant, son époux si tendre et si paisible depuis cinquante ans, va éprouver les affres de la solitude. Mais par amour pour celle qu’il a si profondément aimé, il décide, le moment venu, de se sacrifier.

Loin d’elle est une chronique douce et amère d’une vie qui n’est que passage.

Evaluation :

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