vendredi , 19 avril 2024

Mal de pierres

Auteure: Milena Agus

Editeur: Liana Levi – 2007 (140 pages)/Le Livre de Poche – 2009 (152 pages)

Lu en février 2023

Mon avis: Sardaigne, trois générations de femmes.

Il y a la grand-mère, née dans les années 20, considérée comme folle à l’époque, parce que trop décalée, inadaptée à la vie dans laquelle elle aurait dû trouver sa place, trop passionnée pour convaincre les candidats au mariage, effrayés, encombrés par ce tempérament aussi ardent. En réalité, une femme dépressive, parce que née trop tôt et/ou au mauvais endroit. Presque vieille fille, elle finit par se marier avec un homme plus âgé, veuf, qui en l’épousant éteint sa dette envers cette belle-famille qui l’a recueilli alors qu’il était réfugié de guerre. Un mariage sans amour romantique mais avec de l’amour charnel, qui n’aboutit pourtant à aucune grossesse, la faute sans doute à ce « mal de pierres », c’est-à-dire des calculs rénaux.

Envoyée en cure thermale, elle y rencontre le Rescapé, estropié de guerre, une rencontre qui la marque à vie.

Et neuf mois après son retour de cure, un fils naît, enfin, inespéré.

Puis il y a la petite-fille qui, une fois adulte, nous raconte l’histoire de cette grand-mère, et nous parle un peu d’elle-même.

Entre les deux, il y a la mère, qui a épousé le fils quasi-miraculeux devenu pianiste célèbre. La narratrice nous en parle un peu également, de son père aussi, avant de remonter une génération et d’évoquer la grand-mère maternelle.

Voilà une semaine que j’ai terminé ce court roman, et je m’aperçois que je n’ai presque rien retenu de ces personnages secondaires. Le début du roman est centré sur l’histoire de la grand-mère paternelle et, malgré les flash-back et le manque de repères temporels, l’ensemble tient plutôt bien la route. Mais ensuite, à mesure que d’autres personnages interviennent, la trame s’effiloche, le récit se distend, on ne comprend plus toujours qui parle de quoi et à quel moment. La construction devient brouillonne, la narration confuse et précipitée, pour ne pas dire bâclée. On sent bien l’énergie que l’auteure a voulu mettre dans son récit, mais elle est mal maîtrisée, et le thème de la femme mal dans sa vie n’est pas assez exploité, de même que les portraits des autres femmes, qui ne sont qu’ébauchés.

Autant de défauts qui m’ont gâché la lecture de ce roman, qui aurait pu être autrement puissant et touchant.

Présentation par l’éditeur:

En quête de l’amour idéal, l’héroïne tarde à trouver un mari. À trente ans, déjà considérée comme une vieille fille dans une Sardaigne qui connaît les affres de la Seconde Guerre mondiale, elle finit par épouser un homme taciturne, plus âgé qu’elle, parce que sa famille le lui impose. L’amour n’est pas au rendez-vous. Elle le rencontrera beaucoup plus tard, lorsqu’elle ira sur le Continent faire une cure thermale pour soigner son «mal de pierres», des calculs rénaux. Un rescapé de la guerre, qui souffre du même mal qu’elle, aura raison de son «mal d’amour». C’est à sa petite-fille qu’elle racontera quelques décennies plus tard ses émotions, ses cheminements, tout en laissant des zones d’ombre. Mais quelle est au juste la vérité? Elle ne se recomposera que beaucoup plus tard, de façon inattendue, lorsque la dernière pièce du puzzle tombera entre les mains de la narratrice.

Evaluation :

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