vendredi , 25 septembre 2020

Miniaturiste

Auteur: Jessie Burton

Éditeur: Folio – 2017 (528 pages)

Lu en août 2020

Mon avis: Amsterdam, automne 1686. Nella, 18 ans, tout juste arrivée de son petit village, frappe à la porte de ce qui sera sa nouvelle demeure. Mariée quelques mois auparavant, elle rejoint enfin son époux, Johannes Brandt, un riche marchand de la place. Mais ce jour-là, submergé de travail, il n’est pas présent pour accueillir sa jeune épouse. C’est Marin, la sœur de Johannes restée célibataire, et les deux serviteurs, Otto et Cornelia, qui reçoivent Nella. Froidement. Très froidement. Plus tard dans la journée, la jeune femme verra son époux, et les jours suivants aussi, mais toujours en coup de vent, et sans que le mariage soit jamais consommé. En cadeau de mariage, et peut-être pour occuper la jeune femme désœuvrée, il lui offre une maison de poupée, à l’image de leur propre demeure, à charge pour Nella de la meubler à sa guise. Celle-ci écrit à un miniaturiste et lui passe une commande. Les objets qu’elle reçoit sont troublants de réalisme, jusque dans les détails les plus infimes. Puis d’autres objets sont envoyés à Nella, sans qu’elle les ait sollicités. Des objets fascinants, qui semblent porter de mystérieux messages et d’obscurs présages.

Après un début laborieux, j’ai fini par entrer dans le roman pour ne plus le lâcher et savoir comment l’histoire allait se terminer. J’en ressors perplexe. Quel est donc le message de l’auteur ? A-t-elle voulu écrire une histoire féministe, dont l’une des héroïnes, croyant que le mariage va l’élever dans sa condition, s’oppose à l’autre, qui au contraire voit le mariage comme un frein à sa liberté ? Le rôle de l’insaisissable miniaturiste m’a semblé très flou, tantôt positif, tantôt négatif, tantôt libérateur tantôt oppressant. J’ai eu l’impression bizarre que cette partie de l’histoire, pourtant le sujet principal, était artificielle et superflue, et ne servait qu’à donner une aura fantastique à l’ensemble, que j’ai trouvée inaboutie. L’auteure réussit un peu mieux le portrait d’Amsterdam l’opiniâtre, fondée sur un marécage, toujours en sursis, ainsi que le mélange entre puritanisme et les péchés capitaux que sont la luxure et l’avarice, la course à l’argent, l’hypocrisie des apparences, le racisme, bref une atmosphère mesquine et conservatrice, malsaine, dans laquelle les esprits modernes ont bien du mal à ne pas suffoquer.

Une histoire tragique et fantastique donc, mais nébuleuse et restant à la surface des choses, qui se traîne en longueurs et langueurs, répétitive et peu fluide. Une déception.

Présentation par l’éditeur:

Nella Oortman n’a que dix-huit ans ce jour d’automne 1686 où elle quitte son village pour rejoindre à Amsterdam son mari, Johannes Brandt. Homme d’âge mûr, riche marchand, il vit dans une opulente demeure entouré de ses serviteurs et de sa sœur, Marin, une femme restée célibataire qui accueille Nella avec une extrême froideur. Johannes offre à son épouse une maison de poupée représentant leur propre intérieur, que la jeune fille entreprend d’animer grâce aux talents d’un miniaturiste. Les fascinantes créations de l’artisan permettent à Nella de mettre peu à peu au jour de dangereux secrets… S’inspirant d’une maison de poupée exposée au Rijksmuseum d’Amsterdam, Jessie Burton livre ici un premier roman haletant, et dessine le portrait d’une femme résolument moderne, déterminée à affirmer son existence dans un monde hostile, où la rigueur morale le dispute à l’intransigeance religieuse.

Evaluation :

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