dimanche , 29 janvier 2023

Péplum

Auteure: Amélie Nothomb

Editeur: Albin Michel – 1996 (211 pages)/ Le Livre de Poche – 1998 (160 pages)

Lu en novembre 2022

Mon avis: 79 av. J.C. : éruption du Vésuve, Pompéi est ensevelie sous les cendres.

1995 : A.N., jeune romancière, subit une intervention chirurgicale qui nécessite une anesthésie générale. Elle se réveille…

… en 2580, dans un endroit inconnu, face à un éminent scientifique, aussi intelligent que mufle, répondant au doux prénom de Celsius, qui lui explique avec le plus grand sérieux qu’elle a été enlevée à son époque parce qu’elle en savait trop.

Mais à quel sujet, que diantre ?

Celui de Pompéi. A.N. avait en effet subodoré, dès 1995, que l’éruption du Vésuve n’était pas un phénomène naturel, mais qu’elle avait été provoquée par un humain, en guise de cadeau offert à des générations d’archéologues. Le coupable – qui n’est autre que Celsius – craignant (en 2580) qu’A.N. révèle ses soupçons au grand jour (en 1995, dans un de ses romans, par exemple), s’est donc trouvé contraint de la kidnapper préventivement en l’emmenant vers le futur.

Quoi-comment-qu’est-ce ?

Oui, moi aussi, mon esprit trop cartésien bloque sur les questions de savoir comment l’éruption de 79 av. J.C. a pu être provoquée avec 26 siècles de retard, et comment quelqu’un a pu s’en rendre compte dès 1995.

Mais cette faille temporelle dont la logique m’échappe n’est qu’un des sujets de la conversation houleuse qui s’instaure entre A.N., furieuse d’avoir été enlevée et horrifiée par le sort des habitants de Pompéi, et Celsius, savant fou qui a décidé de figer une ville sous la cendre pour en préserver la beauté pour les générations futures. Un dialogue de sourds, évidemment, où il est question de la beauté comme critère d’avancement social, du bien et du mal, de morale et de cynisme, de richesse et de pauvreté, d’utilité de l’art et de la littérature.

N’attendez aucune action dans ce roman, c’est à nouveau une joute verbale à huis clos qu’Amélie Nothomb a concoctée. Planté dans un décor de SF, ce conte philosophico-satirique est un nouvel exemple de son imaginaire déjanté et décalé, de son sens de l’auto-dérision, de son humour grinçant, et de sa fine intelligence.

#LisezVousLeBelge

Présentation par l’éditeur:

L’ensevelissement de Pompéi sous les cendres du Vésuve, en 79 après Jésus- Christ, a été le plus beau cadeau qui ait été offert aux archéologues. A votre avis, qui a fait le coup ?
Pour avoir deviné un des plus grands secrets du futur, la jeune romancière A.N est enlevée pendant un bref séjour à l’hôpital, et se réveille au XXVIè siècle, face à un savant du nom de Celsius. Entre ces deux personnages que tout oppose – elle furieuse contre ce rapt, lui, contre cette fille qui en sait trop- s’instaure une conversation ou il sera question de la grande guerre du XXIIè siècle, du réel et du virtuel, de voyages dans le passé, mais aussi d’art, de philosophie, de morale.
Science-fiction, satire, finesse psychologique d’ un affrontement verbal ou chacun cherche la faille de l’autre : dans ce mélange détonant on retrouve l’humour acide, l’insolence, l’éclat du style qui placent la romancière d’ Hygiène de l’assassin au tout premier rang des écrivains de sa génération.

Evaluation :

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