lundi , 18 novembre 2019
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Un rôle qui me convient

Auteur: Richard Russo

Éditeur: 10/18 – 2002 (430 pages)

Lu en 2013

un rôle qui me convientMon avis: William Devereaux fils (Hank pour les amis) a bientôt 50 ans, est marié, a deux filles dont l’une en train de divorcer, une mère envahissante, un père prodigue, un poste de directeur du département de Lettres d’une obscure université de Pennsylvanie, des allergies et une prostate défaillante. Il a également à son actif un roman de jeunesse qui a eu assez de succès pour qu’on lui en parle encore 20 ans plus tard. Propriétaire d’un chien nommé Occam (comme le rasoir), d’un humour pince-sans-rire ravageur et d’une propension irrésistible à la vacherie, Hank est généralement considéré comme un guignol par ses collègues, jamais très sûrs d’eux quand il s’agit de distinguer entre moquerie et gentillesse, bluff et vérité.
A première vue, rien de bien palpitant dans tout ça : crise de la cinquantaine et démon de midi, problèmes de famille et de santé, popote interne des campus américains avec aberrations administratives, alliances stratégiques et coups bas inclus, étudiants ados attardés, manipulations médiatiques et questionnement autour du « qu’avons-nous fait de nos rêves de jeunesse ? ».
Et pourtant, moi, ça me plaît beaucoup. D’abord parce que c’est Richard Russo, un des grands auteurs américains actuels à mes yeux. Ensuite, pour l’ambiance, très différente de celle du Déclin de l’empire Whiting, et très jouissive : le narrateur fait tourner son entourage en bourrique, et manie l’autodérision à tour de bras. Parfois subtil, parfois franchement hilarant, l’auteur se moque de tout ce petit monde qui a la fâcheuse tendance de ne tourner que sur lui-même. Le « héros » de cette histoire, qui cache sous son costume de clown de service des questions existentielles, rappelle, par sa lucidité, son mal-être et ses problèmes de tuyauterie, celui de L’épopée du buveur d’eau de John Irving.
Enfin, bref, j’aime ces auteurs qui écrivent des histoires aux personnages consistants et attachants, qui les racontent simplement mais avec style, sérieusement mais sans oublier la légèreté et le sourire.

Présentation par l’éditeur:

Auteur d’un roman à succès, William Devereaux Jr. enseigne la littérature dans une médiocre université de Pennsylvanie. Le sort s’acharne sur lui : sa femme le trompe, sa fille veut divorcer et sa secrétaire publie un livre chez son propre éditeur. Sans oublier ses douleurs de prostate. Armé d’une repartie inégalée, William oppose à la crise de la cinquantaine sa seule réponse : l’ironie.

Quelques citations:

– “Mais les gens vraiment reconnaissants, satisfaits, n’établissent pas de listes de reconnaissances. Pas plus que les gens heureux n’écrivent les raisons pour lesquelles ils le sont. Ils sont suffisamment occupés à le rester”.

– “Lily serre le volant et je retrouve sur ses phalanges nerveuses une vérité que je connais depuis longtemps – que le monde est divisé en deux sortes de gens: d’un côté les enfants qui souhaitent en grandissant ressembler à leurs parents, et de l’autre ceux qui font tout pour le contraire. Aucun n’arrive à ses fins”. 

Evaluation :

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