lundi , 11 décembre 2017
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A coups redoublés

Auteur: Kenneth Cookchallengeabc20162017

Editeur: Le Livre de Poche – 2013 (144 pages)

Lu en octobre 2016

a-coups-redoublesMon avis: Amie lectrice qui, comme moi, fantasme encore et toujours sur le mythe du surfeur australien grand-beau-blond-musclé-plein-de-santé-et-de-dents-blanches-made-by-Pepsodent, passe ici ton chemin, ta désillusion serait aussi grande que ce pays-continent.

En effet, l’hôtel-bar-discothèque Calpe, perdu au bord d’une plage à quelques heures de Sydney, n’a rien de paradisiaque. Sauf pour son couple de gérants béats, Mick et Jenny, passés maîtres dans l’art de vendre le maximum de mauvais alcool au prix fort, sans se soucier le moins du monde (pourvu qu’ils se passent en dehors du Calpe) des « incidents » provoqués par une éventuelle ébriété de leurs clients. Si Mick et Jenny sont au comble du bonheur grâce à leur commerce sans scrupules, ils atteignent carrément l’extase quand il s’agit de cajoler Mol, leur amour de chat obèse, qui n’en demandait pas tant.

Le Calpe est aussi un paradis pour ses clients, soulographes abrutis au QI proche de celui d’une éponge imbibée de formol, qui se rendent chaque soir ou chaque week-end dans cet Eden pour bacchanales, buvant consciencieusement jusqu’à plus soif ou jusqu’à ce que mort s’ensuive.

Car oui, mon bon Monsieur, quelqu’un est mort. On le sait dès le début, même s’il faut attendre les dernières lignes du roman pour connaître l’identité de la victime. Grâce à des extraits du procès (déclarations du procureur, du juge et de l’avocat de la défense) intercalés dans la narration, le suspense monte, on déroule le fil des événements, on s’interroge et, personnellement, on ne voit rien venir.

Quel coup de maître, quelle violence, quel cynisme, quelle noirceur, quel humour (oui Madame). Et quelle délectation pour une juriste de se contorsionner ensuite le cerveau pour déterminer où commence et où s’arrête l’enchaînement des causes et des conséquences. Au final, on sait seulement qui est le coupable, mais est-il responsable, sachant que son intention de tuer n’est pas clairement établie ?

Je pense que les membres du jury auront bien besoin d’un remontant* après s’être penchés sur ce « tableau d’ignominie, d’effroi et de confusion »…

*« L’abus d’alcool est dangereux pour la santé, consommez avec modération »

Présentation par l’éditeur:

Que s’est-il passé le samedi 17 juin au Calpe, l’hôtel-bar-discothèque, où viennent s’amuser les jeunes Australiens ? Par quel enchaînement en est-on arrivé à ce « tableau d’ignominie, d’effroi et de confusion » décrit par le procureur ? Les frustrations de John Verdon, après une dure semaine de travail aux abattoirs, ont sans doute pesé lourd… Mais il n’est pas le seul à s’être laissé entraîner par ses pulsions vers l’issue fatale.

Une citation:

– « Il s’y prenait très simplement avec les femmes. Il se plantait devant celles qui lui plaisaient et leur demandait: « Tu veux baiser? » En règle générale, elles refusaient, mais, dans le courant d’une journée passée à boire, et à condition qu’il demande à suffisamment de filles, il obtenait souvent ce qu’il voulait. C’est-à-dire une rencontre brève et brutale dans une des « habituelles » de Mick ou dans la nature entre l’hôtel et les falaises. Il ne prenait jamais la peine de se dévêtir, ou de l’exiger de sa partenaire, car il ne voulait pas que ses activités sexuelles empiètent trop sur le temps qu’il consacrait à boire. »

Evaluation :

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2 commentaires

  1. Je m’empresse de noter ce titre !