mercredi , 8 avril 2020

Les Angéliques

Auteur: Vincent Engel

Editeur: Le Livre de Poche – 2006 (253 pages)

Lu en 2012

les angéliquesMon avis: 14 juillet 1788, quelque part en France. Non, vous lisez bien, il n’y a pas de faute de frappe. Nous sommes bien en l’an 1788, à Avau, petite bourgade de 200 âmes, perdue au fond d’un vallon. En ce jour funeste, un orage anéantit tout le pays. Le ciel tombe sur la tête des habitants d’Avau une deuxième fois lorsque, au comble de la rage et de la frustration, le vicomte Baptiste de Ruspin, seigneur du lieu, tue un de ses paysans, sans raison.
Voilà sur quel fondement naît la République d’Avau, un an avant la prise de la Bastille. En punition de ses crimes, le vicomte se voit « embastillé » dans son propre château par son fils Népomucène, qui rêve, avec quelques amis, de démocratie et de « liberté, égalité, frugalité ».
La bourgade oubliée du monde servira de laboratoire à une révolution basée sur les idéaux des Lumières. Oui mais voilà, les belles idées théoriques sont bien difficiles à mettre en pratique, quand elles sont proposées par l’élite bourgeoise du lieu, même avec les meilleures intentions du monde, à un peuple en servage depuis des siècles, ignorant, et qui n’est pas demandeur.
De déconvenues en trahisons, Népomucène réalise trop tard qu’il a lancé un processus certes généreux, mais vain, et qu’il était « angélique » de croire que la démocratie pouvait advenir de but en blanc du jour au lendemain, sans autre préparation que la lecture de Montesquieu et de Voltaire.
Roman court, triste, dont on sort avec une sensation de terrible gâchis. Le style est désuet, reflétant son époque, et les personnages un peu caricaturaux : l’idéaliste naïf, les amoureux un peu guimauve, la brute épaisse, le tyran odieux, la femme martyre, les paysans ignorants,…
La tension est constante, le drame se joue sous nos yeux, les secrets de famille affleurent, les illusions sont en perdition, inéluctablement, à peine une lueur d’espoir…
Pas désagréable à lire, j’ai trouvé ce roman moins captivant et avec moins de souffle que Retour à Montechiarro.

Présentation par l’éditeur:

13 juillet 1788 : un terrible orage secoue la France du sud au nord, semant la désolation dans un pays déjà éprouvé par la sécheresse, la famine et les incuries de la Cour. Au fond d’un val perdu, le tyrannique vicomte Baptiste de Ruspin, châtelain de la Follye, tue l’un de ses paysans. Son fils Népomucène, jeune homme nourri de la lecture des philosophes, saisit aussitôt ce prétexte pour l’arrêter et mettre en place la société démocratique à laquelle il aspire. Entouré de quelques amis sûrs, il proclame, le 14 juillet 1788, la République d’Avau. Mais il est difficile de donner aux hommes ce qu’ils ne peuvent ou ne veulent pas recevoir. Durant cinq ans, sous l’œil méprisant de son père emprisonné, Népomucène se bat contre tous, jusqu’à ce que la France républicaine découvre cette Follye isolée dans sa vallée, et la prenne sous son aile froide et sanglante…

Une citation:

– “Les beaux rêves font les vies tristes”.

Evaluation :

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