dimanche , 19 novembre 2017
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Rien ne s’oppose à la nuit

Auteur: Delphine de Vigan

Editeur: JC Lattès – 2011 (440 pages)

Prix: Grand Prix des lectrices Elle (Roman – 2012) – Grand Prix de l’héroïne Madame Figaro (Roman – 2012) – Fnac (Roman – 2011) – France Télévisions (Roman – 2011) – Renaudot (Prix des Lycéens – 2011)

Lu en octobre 2017

Mon avis: Perplexe. Je ne sais pas trop quoi penser de ce livre. Sans doute a-t-il eu la malchance de tomber sous mes yeux juste après la lecture de « La langue de ma mère » de Tom Lanoye, récit un peu similaire (histoire d’une mère et de sa maladie, et de la famille), auquel j’ai mis cinq étoiles parce qu’il m’avait touchée, pour des raisons toutes personnelles.
Or donc, dans « Rien ne s’oppose à la nuit », l’auteure raconte la vie de sa mère (devenue bipolaire et qui finira par se suicider) et de sa famille (nombreuse), parfaitement heureuse en apparence, mais pleine de failles voire toxique quand on gratte le vernis. Il s’y passe quelques jolies choses, mais surtout beaucoup de drames. Pour avoir lu « No et moi » et « Les heures souterraines », je savais que Delphine de Vigan ne fait pas dans la littérature joyeuse et colorée (et maintenant je comprends mieux pourquoi), mais ici l’ambiance est particulièrement sombre et pesante, et cela dure plus de 400 pages (édition grand format). Ouf, quelle apnée… Ensuite, ce n’est pas que ce soit mal écrit, au contraire, c’est fluide, finement analysé, ça se lit rapidement. Mais bon sang, qu’est-ce que c’est froid ! Et cette façon de parler de sa mère en l’appelant par son prénom, rarement en disant « ma mère » ou « maman » (sauf quand elle reproduit les dialogues)… Cette froideur est peut-être à mettre sur le compte de la carapace d’auto-protection qu’elle a enfilée pour éviter de revivre la douleur de ces années ou de se vautrer dans le larmoyant. On comprend bien qu’il y a, malgré tout, de l’amour et de l’affection, mais à force de rester sobre, neutre, à distance, le récit ne m’a pas touchée, je ne me suis pas vraiment sentie concernée (et je comprends, du coup, ceux qui parlent de « voyeurisme », même si ce n’est pas mon impression). Là où l’auteure m’a assommée, c’est avec ses doutes sur la nécessité, l’opportunité, le danger (pour elle, pour son entourage) d’écrire ce livre. Doutes certes compréhensibles, mais tellement répétés qu’on croirait des effets de style calculés pour maintenir un relatif suspense. Pourtant on avait bien compris que Delphine de Vigan avait besoin d’écrire ce livre, peut-être une thérapie pour elle.
Pas grand-chose d’autre à en dire, je me rends compte que ma critique fait souffrir ce livre de la comparaison avec celui de Tom Lanoye. J’aurais dû le lire à un autre moment.

Présentation par l’éditeur:

Ma famille incarne ce que la joie a de plus bruyant, de plus spectaculaire, l’écho inlassable des morts, et le retentissement du désastre.
Aujourd’hui je sais aussi qu’elle illustre, comme tant d’autres familles, le pouvoir de destruction du verbe, et celui du silence.

Evaluation :

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2 commentaires

  1. Comme toi, j’avais lu un autre livre sur le même thème auparavant et celui-ci ne m’a pas touchée comme l’autre.

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