lundi , 11 décembre 2017
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Une étude en rouge

Auteur: Arthur Conan Doyle

Editeur: J’ai lu – 2004 (126 pages)

Lu en novembre 2017

Mon avis: « Une étude en rouge », ou comment j’ai été déçue par le mythique personnage de Sherlock Holmes, que je révérais pourtant depuis le dessin animé de mon enfance jusqu’à la récente série TV avec Benedict Cumberbatch dans le rôle principal, en passant par la lecture du « Chien des Baskerville » et quelques autres il y a deux décennies.

Cette « Etude », qui constitue la première aventure de Sherlock, est découpée en trois parties.

Le récit commence par la rencontre entre l’excentrique détective et le Dr Watson, son inénarrable faire-valoir. A peine le temps de se familiariser avec la méthode « analytique » de Holmes que se présente l’occasion de la mettre en pratique. Un cadavre a été retrouvé dans une maison abandonnée d’un sinistre quartier de Londres, et Scotland Yard piétine. Sur place, Holmes observe, fouine, renifle, pose des questions apparemment incongrues, rentre chez lui, réfléchit, déduit, infère, raisonne. Un peu de temps passe, un deuxième homme trépasse, et Sherlock arrête le coupable, ridiculisant au passage les inspecteurs de Sa Majesté. Fin (abrupte) du premier chapitre.

Deux : changement radical spatio-temporel (au point que j’ai cru à un bug de mise en page dans mon édition numérique), nous voilà un demi-siècle plus tôt dans un quasi-western au fond du Nevada, au moment de la ruée vers l’or pour les uns et vers la Terre promise pour les Saints des Derniers Jours, à savoir les Mormons, en exode vers la future Salt Lake City. Peu à peu on établit le lien avec l’enquête de Holmes, et on comprend que les deux victimes sont le prix de la vengeance d’un homme au coeur brisé (et que l’auteur n’aime pas les Mormons).

La troisième partie confirme la deuxième grâce à la confession du coupable, et développe le raisonnement de Holmes qui, forcément, est validé a posteriori par les faits.

Si les personnages et l’humour de l’auteur me sont fort sympathiques, ce sont la construction de l’histoire et le déroulement de l’enquête qui ne m’ont pas convaincue. Intercaler le (trop long) épisode « far-west » au milieu du récit m’a semblé saugrenu, en tout cas déstabilisant. Sans compter que cette histoire de vengeance au long cours à travers deux continents est aussi romantique que peu crédible. Quant à la « méthode Sherlock », on ne peut pas dire qu’elle soit participative : après quelques péripéties dont le sens lui échappe en grande partie, le lecteur se voit présenter le coupable, et c’est seulement ensuite qu’on lui déroule les explications, basées sur des indices « ex machina » dont seul Holmes l’omniscient avait connaissance en temps réel. Les déductions, aussi ingénieuses ou logiques soient-elles m’ont semblé plus d’une fois fondées sur des hypothèses sujettes à caution. Frustration du lecteur, qui n’a aucune chance de résoudre l’enquête au fur et à mesure de son déroulement et qui ne peut qu’applaudir à la fin devant tant de brio. Il faudra que je relise les autres enquêtes de Sir Conan Doyle, je ne me souviens pas qu’elles m’aient autant agacée à l’époque.

Présentation par l’éditeur:

Au n° 3 de Lauriston Gardens près de Londres, dans une maison vide, un homme est trouvé mort. Assassiné ? Aucune blessure apparente ne permet de le dire, en dépit des taches de sang qui maculent la pièce. Sur le mur, griffonnée à la hâte, une inscription :  » Rache ! « . Vengeance ! Vingt ans plus tôt, en 1860, dans les gorges de la Nevada, Jean Ferrier est exécuté par des mormons sanguinaires chargés de faire respecter la loi du prophète. Sa fille, Lucie, est séquestrée dans le harem du fils de l’Ancien. Quel lien entre ces deux événements aussi insolites que tragiques ? Un fil ténu, un fil rouge que seul Sherlock Holmes est capable de dérouler. Une intrigue toute en subtilités où, pour la première fois, Watson découvre le maître…

Evaluation :

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2 commentaires

  1. Je n’ai pas adhéré non plus à toutes les missions d’Holmes. Il y en a certaines que j’ai très vite oubliées, il est difficile de tenir tout le temps le haut de l’affiche…

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