dimanche , 22 octobre 2017
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Le collier rouge

Auteur: Jean-Christophe Rufin

Editeur: Gallimard – 2014 (160 pages)

Lu en juillet 2017

Mon avis: Eté 1919, deux hommes et un chien. Trois soldats qui ont fait la guerre, la Grande. L’un d’eux, Jacques Morlac, simple plouc de 28 ans, décoré de la Légion d’honneur pour sa bravoure au combat, est pourtant emprisonné par la justice militaire. Pourquoi ? Est-il soudain devenu traître à la patrie, déserteur, lâche, rebelle, ou est-ce seulement l’ivresse ou la folie ?

L’autre, le commandant Lantier, aristocrate et juge militaire, est chargé de tirer cette histoire au clair, de comprendre les motivations de Morlac pour ensuite décider de la sentence éventuelle.

Guillaume, le chien de Morlac, est le troisième soldat. Celui dont rêvent tous les chefs d’armée, fidèle et loyal jusqu’à la mort. Depuis que son maître est enfermé, il ne quitte pas l’entrée de la prison et aboie sans discontinuer.

Et puis, bien sûr, il y a une femme, jeune, bien trop cultivée pour être une simple paysanne. Elle attend qu’on en finisse avec cette guerre et ses conséquences, et que la vie reprenne son cours.

Un animal qui joue un rôle décisif au beau milieu d’une guerre que se font les hommes, c’est la démonstration par l’absurde de l’absurdité de cette barbarie, dans laquelle le seul à obéir aveuglément aux ordres – se battre contre l’Ennemi – sans états d’âme est un être dénué d’humanité…

Loyauté au drapeau ou fraternité des hommes, patriotisme borné ou idéal par-delà les nationalités, convictions ébranlées dans le chaos des tranchées, révolte, lassitude de la guerre et espoir de paix, orgueil, amour-propre et amour tout court, tous ces thèmes sont brassés dans ce bref roman, inspiré de faits réels.

Une histoire intelligemment construite, touchante, racontée simplement dans une écriture aussi fluide que classique. Tout en délicatesse et sobriété, de la belle ouvrage que cette « affaire » du collier rouge.

Présentation par l’éditeur:

Dans une petite ville du Berry, écrasée par la chaleur de l’été, en 1919, un héros de la guerre est retenu prisonnier au fond d’une caserne déserte.
Devant la porte, son chien tout cabossé aboie jour et nuit.
Non loin de là, dans la campagne, une jeune femme usée par le travail de la terre, trop instruite cependant pour être une simple paysanne, attend et espère.
Le juge qui arrive pour démêler cette affaire est un aristocrate dont la guerre a fait vaciller les principes.

Trois personnages et, au milieu d’eux, un chien, qui détient la clef du drame …

Plein de poésie et de vie, ce court récit, d’une fulgurante simplicité, est aussi un grand roman sur la fidélité.
Être loyal à ses amis, se battre pour ceux qu’on aime, est une qualité que nous partageons avec les bêtes. Le propre de l’être humain n’est-il pas d’aller au-delà et de pouvoir aussi reconnaître le frère en celui qui vous combat ?

Evaluation :

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2 commentaires

  1. Un résumé et une critique tes intéressants qui font pencher la balance vers ma liste à lire…