samedi , 21 septembre 2019
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N’oublie pas Irma

Auteur: Hélène Honnorat

Editeur: Yovana – 2018 (258 pages)

Lu en février 2019

Mon avis: Léo, jeune expat français, mène une vie tranquille à Jakarta. Il vit dans une grande maison avec quelques domestiques, son travail de directeur des cours du Centre franco-indonésien lui plaît, ainsi qu’Irma, une des étudiantes du centre. Léo s’est également découvert une passion pour les “replicas”, des offrandes funéraires en papier utilisées par les Indonésiens d’origine chinoise. C’est dans ce cadre que Léo a fait la connaissance de Meng, artisan hors pair qui crée ces merveilles de papier. Léo devient un proche de Meng, qui s’avère par ailleurs être le beau-frère d’Irma. La vie est donc belle et paisible, mais le charme est bientôt rompu par l’arrivée de Quentin, fraîchement muté à l’ambassade, et de sa femme Estelle. Léo se voit contraint d’héberger le jeune couple en attendant que celui-ci se trouve un logement convenable dans la jungle immobilière de la ville. Circonstance bien plus dramatique, l’atelier de Meng prend feu et le corps sans vie de celui-ci est découvert horriblement mutilé dans un cimetière abandonné. Sachant pertinemment que la police ne sera d’aucune aide dans cette affaire impliquant un “Chinois” dont la famille est pourtant implantée en Indonésie depuis des générations, Léo décide de mener l’enquête. Mais en cet an de grâce 1995, sa tâche est compliquée par les festivités célébrant les 50 ans de l’indépendance du pays, qui mettent la ville et les autorités en ébullition. D’autres souvenirs plus lugubres et beaucoup moins glorieux affleurent également, puisque 30 ans auparavant, en 1965, des centaines de milliers de membres du parti communiste indonésien et de la minorité chinoise ont été massacrés sur ordre du général Soeharto. Qui a tué Meng et pourquoi, et que signifie le message “N’oublie pas Irma”, retrouvé dans la comptabilité de l’atelier, les réponses se trouvent peut-être dans l’histoire récente de l’Indonésie, entre racisme et vieilles rancœurs politiques et religieuses, à moins qu’il ne s’agisse de rivalité commerciale ou amoureuse.
Voilà un livre plaisant à lire, écrit par une auteure qui connaît manifestement son sujet et qui distille intelligemment (et avec un certain humour) quelques clés de compréhension de ce pays complexe et mal connu (en ce qui me concerne). J’en ai appris beaucoup en peu de pages et en me divertissant, je n’en demande pas plus.

En partenariat avec les éditions Yovana via Netgalley.

Présentation par l’éditeur:

Jakarta, 1995. La ville est en pleine ébullition à l’approche du cinquantenaire de l’Indépendance.
Léo, directeur des cours au Centre franco-indonésien depuis plus d’un an, mène une vie tranquille dans sa vaste demeure, sur laquelle veillent ses domestiques.
Dans le quartier de Glodok, Meng fait naître de ses mains expertes des replicas, ces offrandes funéraires de papier dont les Indonésiens d’ascendance chinoise font grand usage. Observateur admiratif, Léo devient bientôt un client puis un proche de l’artisan. Et de sa belle-sœur Irma, étudiante assidue au Centre.
Les ennuis commencent au moment où Léo accepte d’héberger temporairement Quentin et Estelle, un jeune diplomate et sa femme tout juste débarqués de Paris. Léo perd d’un coup sa tranquillité et son sommeil : Meng, qui avait disparu, est retrouvé vidé de son sang, affreusement mutilé. Il s’agit de découvrir non seulement qui l’a tué, mais aussi à qui s’adresse le message menaçant : « N’OUBLIE PAS IRMA »…
Que faire de ces colocataires encombrants et zélés dont l’arrivée coïncide avec la sordide disparition ? La mort de Meng a-t-elle un lien avec la grande Histoire, celle qui voit régulièrement resurgir des vagues de violences anti-Chinois dans l’archipel ? Léo doit-il protéger la jeune Irma ou se protéger d’elle ?

Evaluation :

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2 commentaires

  1. Avatar

    Une belle découverte pour une lectrice, qui comme moi, ne connaît absolument rien à l’Indonésie. Merci et belle journée.

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