mardi , 19 juin 2018

Samedi

Auteur: Ian McEwan

Editeur: Folio – 2008 (384 pages)

Lu en 2013

Mon avis: Ce devait être un samedi parfait dans la vie idéale d’Henry Perowne. Celui-ci a tout pour être heureux: brillant neuro-chirurgien, aimé et amoureux depuis plus de 20 ans de sa femme brillante avocate, avec deux brillants enfants futurs grands artistes. Et en cette belle journée où Londres voit défiler des manifestants contre la guerre en Irak, le programme d’Henry est réglé comme du papier à musique: squash avec un collègue, emplettes pour le dîner de famille du soir, visite à sa mère dans sa maison de retraite,…et puis, inévitablement, le grain de sable dans ce bel engrenage: un léger accident de voiture au coin de la rue, et c’est la violence qui s’invite dans cette existence si bien protégée.
Violence à retardement, cependant, puisque, comme pour tout le roman, le rythme est lent (350 pages pour raconter une seule journée). La tension monte par paliers, entre introspections du héros et phases d’action, ou plutôt d’interactions avec d’autres personnages.
Mais ne vous attendez pas à un thriller haletant, ceci n’est pas un page-turner à lire jusqu’au bout de la nuit. Pour un suspense autrement plus dramatique, voire tragique (même si ce n’est pas non plus un polar), voyez plutôt Amsterdam (le meilleur que j’aie lu de cet auteur, au-dessus également d’Expiation et Sur la plage de Chesil).
Il s’agit ici du décorticage du ressenti du héros (ou plutôt anti-héros?) et de ce qui se passe dans la tête des personnages (normal, me direz-vous, on a affaire à un neuro-chirurgien ).
Ce roman n’est ni lumineux, ni totalement sombre puisqu’il se termine sur une note positive (les mauvaises langues diraient “sur un happy end” ).
Selon moi, un roman moyen, un peu ennuyeux, un peu agaçant même de par les descriptions quasi maniaques des états d’âme du personnage principal.

Présentation par l’éditeur:

Pour Henry Perowne – neurochirurgien réputé, mari heureux, père comblé d’un musicien de blues et d’une poétesse – ce devrait être un samedi comme les autres. Pas question d’aller défiler contre la guerre en Irak. Plutôt goûter les plaisirs de la vie. Et pourtant… Un banal accrochage et voilà la violence qui surgit dans son existence protégée. Henry aura beau tenter de reprendre le fil de sa journée, ses vieux démons et le chaos du monde le rattraperont sans cesse durant ces vingt-quatre heures, au terme desquelles plus rien ne sera jamais comme avant. Tout en faisant diaboliquement monter le suspense, McEwan entrelace événements planétaires et privés avec une telle virtuosité que cet étrange samedi devient la métaphore de toutes nos vies fragiles d’Occidentaux pris dans la tourmente de ce début de siècle. Et cette réflexion profonde sur le hasard et le destin, les pouvoirs respectifs de la science et de l’art, la quête d’un sens qui résisterait à la mort nous montre une fois de plus, après Expiation, un romancier parvenu à la plénitude de son art.

Evaluation :

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2 commentaires

  1. Attirant quand même malgré ton peu d’enthousiasme car on se demande vraiment ce qu’il a pu se passer…

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