mercredi , 8 avril 2020

Santa Muerte

Auteur: Gabino Iglesias

Editeur: Sonatine – 20 février 2020 (192 pages)

Lu en février 2020

Mon avis: Austin, Texas. Fernando, immigré mexicain, cumule deux jobs : videur de boîte de nuit et revendeur d’une panoplie de drogues pour le compte de son dealer, Guillermo. Comme il fait les deux boulots en même temps et au même endroit, on ne peut pas dire qu’il soit surmené. Malgré qu’il soit clandestin, Fernando mène, en somme, une honnête petite vie plutôt pépère. Jusqu’au jour où il est kidnappé par les membres d’un gang, qui le conduisent, revolver sur la tempe, auprès de leur chef. Le but de cette visite de courtoisie ? Faire comprendre à Fernando qu’il doit transmettre un message à Guillermo, son propre boss, pour lui dire poliment de bien vouloir céder gracieusement son territoire commercial au gang susmentionné. Et pour que Fernando pige bien l’importance de sa mission, le chef du gang décapite, sous les yeux épouvantés de notre ami, un des “collègues” de celui-ci, après l’avoir torturé et lui avoir scié les doigts avec un couteau à pain.
Fernando est un dur, mais pas un héros et là, il flippe vraiment. Et quand son boss lui dit qu’il n’accédera pas à la demande du gang (“non mais pour qui ils se prennent, ces morveux ?”), Fernando comprend que les sales types vont s’en prendre à lui. Il sait aussi qu’il ne s’en sortira pas tout seul, alors il fait appel à un tueur à gages russe, puis à un fou de la gâchette porto-ricain, mais surtout à une prêtresse de la Santería (sa mère de substitution). Entre neuvaines pas très catholiques et cachetons d’oxycodone, Fernando prie tout et n’importe qui pour tenter de maîtriser sa terreur avant d’espérer pouvoir maîtriser ses ennemis à la solde du Mal absolu. Santa Muerte, protégeme…
Déjanté, sanglant, violent, tragi-comique, ça ressemble à du Tarantino coupé avec une dose de blues, celui de l’exilé mélancolique sans espoir de retour à la mère patrie.
Un rythme soutenu, des personnages plutôt bien campés (mention spéciale à Consuelo), sympathiques ou totalement glaçants, de l’humour noir, un style prenant, un mélange de thèmes qui fonctionne (violence des gangs, croyances religieuses, solidarité, exil), la découverte est concluante.

En partenariat avec Sonatine via le Picabo River Book Club.
#PicaboRiverBookClub

Présentation par l’éditeur:

Santa Muerte, protegeme…

Austin, Texas. Tu t’appelles Fernando, et tu es mexicain. Immigré clandestin. Profession ? Dealer. Un beau jour… Non, oublie « beau ». Un jour, donc, tu es enlevé par les membres d’un gang méchamment tatoués qui ont aussi capturé ton pote Nestor. Pas ton meilleur souvenir, ça : tu dois les regarder le torturer et lui trancher la tête. Le message est clair : ici, c’est chez eux.

Fernando croit en Dieu, et en plein d’autres trucs. Fernando jure en espagnol, et hésite à affronter seul ses ennemis. Mais avec l’aide d’une prêtresse de la Santería, d’un Portoricain cinglé et d’un tueur à gages russe, là oui, il est prêt à déchaîner l’enfer !

Écartelé entre deux pays, deux cultures, deux traditions, Fernando est un antihéros des temps modernes. Quand toutes les frontières se brouillent, seul un nouveau genre littéraire peut dessiner le paysage. Gabino Iglesias invente donc ici le barrio noir. Il y conjugue à merveille douleur et violence de l’exil, réalisme social et mysticisme survolté, mélancolie et humour dévastateur.

Evaluation :

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