jeudi , 25 février 2021

Tout cela je te le donnerai

Auteur: Dolores Redondo

Éditeur: Pocket – 2019 (744 pages)

Prix Planeta 2016

Lu en janvier 2021

Mon avis: Ce matin-là, le monde de Manuel s’écroule. Alors que cet écrivain à succès travaille sur son prochain roman, la police lui annonce que son mari Álvaro vient de se tuer dans un accident de voiture. Sur une route déserte de Galice, à 600km de Madrid, il se serait endormi volant. En état de choc, Manuel se rend sur place et, aiguillonné par un garde civil qui vient de prendre sa retraite, comprend rapidement que la mort d’Álvaro n’est pas accidentelle. Avec son improbable acolyte, il mène l’enquête et découvre peu à peu que son mari avait bien des secrets, à commencer par le fait qu’il était toujours en contact avec sa famille, alors que celle-ci l’avait soit-disant banni des années auparavant en raison de son homosexualité. Manuel fait connaissance avec cette partie de la vie d’Álvaro dont il ignorait tout, et rencontre les différents membres de cette famille richissime, issue d’une noble lignée galicienne. Il comprend vite que le prestige séculaire des Muñiz de Dávila leur vaut, depuis des années, respect et crainte de la part du “petit peuple”, et la complaisance, voire la complicité des autorités, dont ils ont usé et abusé par le passé, n’obéissant qu’à leur seule et unique loi : sauver les apparences à tout prix. Et ce n’est peut-être pas terminé, parce que les secrets de famille que Manuel met à jour sont très lourds et très laids.

750 pages pour tout cela, c’est beaucoup trop, aussi foisonnante que soit l’intrigue. Trop de descriptions, un lyrisme et une touche surnaturelle qui sonnent mal, une écriture trop didactique qui ne laisse pas de place à la suggestion et à l’intuition du lecteur, tout cela ralentit et noie l’histoire, au point qu’on s’y perd par moments. Pourtant on sent l’engouement de l’auteure pour cette belle région sauvage, et son envie de bien faire les choses en développant la psychologie des personnages et les nombreuses thématiques (critique de l’aristocratie, abus sexuels dans l’Eglise, résilience, trahison, croyances et traditions, viticulture,…), mais tout cela est un peu caricatural, n’est pas abouti et manque de force. Globalement peu convaincant, donc, à l’exception des descriptions du fleuve et des coteaux escarpés de la Ribeira Sacra, qui donnent furieusement envie d’aller se balader sur les rives du Miño et de savourer ensuite un verre de Mencía ou de Godello.

Présentation par l’éditeur:

“Álvaro est mort.” À force de le répéter, peut-être Manuel Ortigosa finira par l’accepter. Son mari est mort. Un banal accident de voiture en Galice, selon la police. Mais le romancier à succès n’en croit rien. Il se rend dans ce bout du monde aussi sublime qu’archaïque où commence pour lui un vrai chemin de croix. Car Álvaro était loin d’être celui qu’il croyait… Manuel plonge alors dans les arcanes d’une aristocratie où la cupidité le dispute à l’arrogance. Il lui faudra toute sa ténacité pour affronter les secrets impunis, pour lutter contre ses propres démons, et apprendre qu’un rire d’enfant peut mener à la vérité aussi sûrement que l’amour.

Evaluation :

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