jeudi , 23 septembre 2021

Barroco tropical

Auteur: José Eduardo Agualusa

Éditeur: Métailié – 2011 (276 pages)

Lu en novembre 2020

Mon avis: Bartolomeu est sur le point de se faire larguer par sa maîtresse, une chanteuse célèbre, quand soudain une femme tombée du ciel s’écrase sur la route devant eux. Il s’avérera plus tard que la morte est une ex-miss Angola devenue présentatrice de télévision qui en savait sans doute trop sur certains hommes politiques et leurs secrets inavouables. Il s’avérera également que les hommes de main des politiciens précités croient que la miss a eu une relation avec Bartolomeu et qu’elle lui a peut-être révélé certains de ces secrets, ce qui fait de celui-ci un potentiel gêneur pour ceux-là.

Voilà pour la trame de ce roman qui porte bien son titre : baroque et tropical. Se déroulant à Luanda, capitale angolaise, son style et sa narration sont une version africaine du réalisme magique sud-américain. Déjanté et chaotique, difficile à suivre avec sa nuée de personnages secondaires plus excentriques les uns que les autres, avec son absence de chronologie, sa narration à plusieurs voix, ses digressions dont on ne sait si elles sont l’accessoire ou le principal. Pourtant, bizarrement, c’est loin d’être désagréable à lire, c’est bien écrit, c’est drôle, exubérant et picaresque, mais c’est labyrinthique et je ne suis pas parvenue à assembler les pièces du puzzle, ni, forcément, à comprendre ce qu’était censé être la vue d’ensemble. Roman d’amour, intrigue politico-policière, légende poétique, portrait d’une ville et d’un pays à la dérive, un peu tout ça sans doute. Je n’y ai pas compris grand-chose, sauf que le “barroco tropical” n’est pas mon style préféré.

Présentation par l’éditeur:

Une femme tombe du ciel et s’écrase sur la route devant Bartolomeu au moment où éclate une tempête tropicale et où sa maîtresse lui annonce qu’elle le quitte. Il décide de percer ce mystère alors que tout change autour de lui, il découvre que la morte, mannequin et ex-miss, avait fréquenté le lit d’hommes politiques et d’entrepreneurs, devenant ainsi gênante pour certains, et il comprend qu’il sera la prochaine victime.
Il croise les chemins d’une chanteuse à succès, d’un trafiquant d’armes ambassadeur auprès du Vatican, d’un guérisseur ambitieux, d’un ex-démineur aveugle, d’un dandy nain, d’une prêtresse du candomblé adepte du mariage, d’un jeune peintre autiste, d’un ange noir ou de son ombre. Il explore la ville de Luanda en 2020, métaphore de la société angolaise où les traditions ancestrales cohabitent difficilement avec une modernité mal assimilée. Il s’enfonce dans la Termitière, gratte-ciel inachevé mais déjà en ruine où les riches vivent dans les étages tandis que les pauvres et les truands occupent les sous-sols. Il nous montre une ville en convulsion où l’insolite est toujours présent et intimement mêlé au prosaïque et au quotidien, où la réalité tend à être beaucoup plus invraisemblable que la fiction.
Dans une prose magnifique cet amoureux des mots définit son pays comme une culture de l’excès, que ce soit dans la façon de s’amuser ou dans la façon de manifester ses sentiments ou sa souffrance.

Evaluation :

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