vendredi , 19 octobre 2018
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Un arbre, un jour

Auteur: Karine Lambert

Editeur: Calmann-Lévy – 2018 (220 pages)

Lu en avril 2018

Mon avis: Ahlala, les amis, faut que je vous raconte : moi et mon côté fleur bleue on est tombés sous le charme d’un bel arbre. Pas un chêne multi-centenaire massif et solide, pas non plus un grand peuplier dégingandé la tête dans les nuages, ni même un saule rieur le long d’un ruisseau, non non, rien qu’un joli platane sur une place de village provençal. 32 mètres de haut, 103 ans, en bonne santé, les racines bien accrochées et la couronne bien posée sur les épaules, il fait partie du décor et de la vie des habitants, donne de l’ombre quand le soleil tape dur, laisse les enfants grimper à ses branches, se laisse graver le tronc par les amoureux ou caresser l’écorce en cas de coup de blues. Bref, l’arbre parfait, dont les feuilles ne bouchent même pas les corniches et dont les racines ne descellent même pas les pavés. Du genre qui vous donne envie de voler à son secours toutes affaires cessantes quand, un vilain jour, il fait l’objet d’un arrêté municipal d’abattage. C’est Clément, même pas dix ans, qui lance la rébellion et entraîne avec lui Suzanne, la tenancière du bar PMU, Fanny, l’amoureuse pas heureuse, les soeurs Bonnafay, alertes nonagénaires, Raphaël le dentiste indécis et Manu le bourlingueur qui refuse les amarres et les attachements. Pendant que le compte à rebours s’égrène vers la date fatidique du 21 mars (abattre un arbre le jour du printemps, en voilà une hérésie), le comité de soutien s’active autour du platane. Et tout le monde s’exprime dans cette jolie fable, même Mr le Maire, le bourreau, et même l’arbre, sa victime. Celui-ci, au début, ne comprend pas les raisons de cette effervescence, et observe avec curiosité l’agitation autour de lui. Quand il réalise que sa fin est proche, ses racines se crispent, il est terrifié, se sent bien trop jeune pour mourir, pensez donc, 103 ans, il n’est qu’un gamin à l’échelle platanesque, mais surtout il est totalement impuissant et ne peut compter que sur les humains pour le sauver…

Ce roman adorable est une petite douceur, une gourmandise qui se lit très vite, dans laquelle on s’attache à cette galerie intergénérationnelle de personnages bigarrés, avec leurs plaies, leurs bosses et leurs sourires. Leurs points de vue se succèdent à tour de paragraphes, au fil des 21 jours avant l’échéance, pendant que le platane les regarde en essayant de les comprendre et se souvient de sa jeunesse. Cette histoire d’arbre a un charme fou, disais-je, pleine de poésie et d’humanité. Aujourd’hui 1er mai on offre du muguet, permettez-moi de faire l’originale et de vous proposer un brin de platane.

En partenariat avec les éditions Calmann-Lévy via Netgalley.

Présentation par l’éditeur:

Du haut de mes trente-deux mètres, je les regarde vivre sur la place du village.
Depuis cent trois ans, je partage leurs nuits et leurs jours, j’effeuille leurs amours et parfois j’envie leurs cris de joie.

En ce matin de printemps, un avis d’abattage est cloué sur le platane centenaire qui ombrage ce village de Provence. Entraînés par un petit garçon effronté, sept habitants s’unissent pour découvrir qui souhaite la mort du géant. Ensemble, ils combattent cette sentence absurde, tandis que l’arbre les observe et vibre avec humour et philosophie au rythme de leurs émotions et de leurs conflits.
Qui l’emportera… le pouvoir ou la solidarité ? Aux premiers jours de l’été, Clément, Suzanne, Fanny et les autres ne seront plus les mêmes.

Evaluation :

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2 commentaires

  1. J’adore ce genre de bouquins pleins de bons sentiments qui font croire aux hommes, comme les romans de Barbara Constantine aussi.

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