samedi , 22 septembre 2018
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Un gentleman à Moscou

Auteur: Amor Towles

Editeur: Fayard – 22 août 2018 (576 pages)

Lu en juillet 2018

Mon avis: En cet an de grâce 1922, la Mère Russie, désormais bolchevique, n’apprécie guère qu’on lui résiste. Le comte Alexander Rostov, aristocrate imperturbable et invétéré, en fait les frais. Refusant de renier sa classe sociale, il n’est condamné ni au peloton d’exécution ni au goulag sibérien, mais est assigné à résidence, et à vie, dans une mansarde du luxueux hôtel Metropol à Moscou. Noblesse oblige, le comte accepte la sentence avec élégance, sans amertume ni esprit de revanche, et prend le parti de régler sa vie comme du papier à musique pour éviter de sombrer dans l’abîme d’ennui qui le menace pour quelques dizaines d’années. Heureusement pour lui, l’hôtel est vaste et peuplé de gens intéressants, des grooms aux clients les plus illustres. A force de déambuler dans les couloirs, boutiques et restaurants du Metropol, il se lie d’amitié avec le chef-cuisinier et le maître d’hôtel; avec Nina, une jeune cliente intrépide de neuf ans (qui, des années plus tard, lui confiera sa fille Sofia); avec Anna, actrice célèbre. Il devient même chef de rang du restaurant, fréquenté désormais par l’élite soviétique et la diplomatie et la presse étrangères. Un poste de choix pour observer l’évolution de la vie politique, de Staline à Khrouchtchev, à travers les conversations et les confidences de ce microcosme. Regarder, écouter, se taire (ou presque), telle est la sainte trinité respectée par le comte, qui n’a pas renoncé à la liberté, et qui comprend qu’en réalité il est “l’homme le plus verni de Russie”.

Dieu que ce comte Alexander Rostov est un personnage aimable ! Et comme on aimerait être l’objet de ses attentions! Un gentleman exquis, parfait, raffiné, séduisant,… un vrai prince charmant ! Et il faut reconnaître que cette belle histoire tient un peu du conte, avec des amitiés à toute épreuve d’un côté et de l’autre les sorcières malveillantes du stalinisme, qui tiennent votre vie entre leurs doigts crochus et arbitraires. Un jeu de chat et de souris dans les méandres de la bureaucratie et dans le labyrinthe des couloirs secrets du Metropol, entre des Gentils très attachants et des Méchants dangereux mais qu’on finit par faire tourner en bourriques. Les péripéties ne sont pas toujours très vraisemblables mais qu’importe, on a envie d’y croire et ça fonctionne, avec cocasseries, drames, grande cuisine, amour, amitié et loyauté. Mesdames, ce “gentleman à Moscou” est un pur caviar…

En partenariat avec les éditions Fayard via Netgalley.

Présentation par l’éditeur:

Au début des années 1920, le comte Alexandre Illitch Rostov, aristocrate impénitent, est condamné par un tribunal bolchévique à vivre en résidence surveillée dans le luxueux hôtel Metropol de Moscou, où le comte a ses habitudes, à quelques encablures du Kremlin. Acceptant joyeusement son sort, le comte Rostov hante les couloirs, salons feutrés, restaurants et salles de réception de l’hôtel, et noue des liens avec le personnel de sa prison dorée – officiant bientôt comme serveur au prestigieux restaurant Boyarski –, des diplomates étrangers de passage – dont le comte sait obtenir les confidences à force de charme, d’esprit, et de vodka –, une belle actrice inaccessible – ou presque ­–, et côtoie les nouveaux maîtres de la Russie. Mais, plus que toute autre, c’est sa rencontre avec Nina, une fillette de neuf ans, qui bouleverse le cours de sa vie bien réglée au Metropol.
Trois décennies durant, le comte vit nombre d’aventures retranché derrière les grandes baies vitrées du Metropol, microcosme où se rejouent les bouleversements de la Russie soviétique.

Evaluation :

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2 commentaires

  1. Plutôt drolatique ce roman dont on ne sait si c’est pour rire ou inspirer de faits réels… Intéressant et prenant !

    • Sylvie

      Je pense que c’est une pure fiction. Elle est plutôt drôle sans pour autant tourner en dérision cette période tourmentée de l’Histoire.

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